Vers le fret sans papier : l'eFTI et l'e-CMR moteurs de la numérisation en Europe
Le papier domine toujours le transport de marchandises en Europe. Les lettres de voiture, les connaissements, les formulaires douaniers et les permis sont imprimés, tamponnés et classés, ce qui crée des charges administratives et augmente le risque d'erreurs. Pour rationaliser les opérations et soutenir les objectifs environnementaux...

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Le papier domine toujours le transport de marchandises en Europe. Les lettres de voiture, les connaissements, les formulaires douaniers et les permis sont imprimés, tamponnés et classés, ce qui crée des charges administratives et augmente le risque d'erreurs. Pour rationaliser les opérations et soutenir les objectifs environnementaux, l'UE s'oriente vers l'information électronique sur le transport de marchandises (eFTI) et les lettres de voiture numériques (e-CMR). Ce blog explique les moteurs réglementaires, les avantages et les défis du fret sans papier.

Pourquoi la numérisation est importante
Les opérateurs de fret routier transportent souvent des piles de documents papier, allant des lettres de voiture CMR aux déclarations de marchandises dangereuses. L'absence d'un cadre juridique uniforme pour les documents numériques a été un obstacle majeur à l'échange de données électroniques. Le règlement (UE) 2020/1056 vise à y remédier en exigeant des autorités compétentes qu'elles acceptent les informations électroniques sur le transport de marchandises lorsque les opérateurs économiques sont tenus de fournir des informations réglementaires. D'ici 2027, les autorités devront accepter les informations électroniques via des plateformes eFTI certifiées et communiquer électroniquement.
Règlement eFTI : éléments clés
Le règlement eFTI établit des normes techniques pour les plateformes, les ensembles de données et les procédures. Il oblige les États membres à mettre en place des portails numériques et exige des opérateurs économiques qu'ils fournissent des informations sur le fret par voie électronique s'ils le souhaitent. Le règlement devrait réduire les coûts administratifs, en particulier pour les PME, en éliminant la double saisie des données et la gestion physique des documents.
Les principales caractéristiques comprennent :
- Acceptation des données électroniques : Les autorités compétentes doivent accepter les données fournies via des plateformes eFTI certifiées au lieu du papier.
- Sécurité et interopérabilité : Les plateformes doivent répondre aux exigences de cybersécurité et utiliser des ensembles de données communs afin que les informations puissent être partagées au-delà des frontières.
- Calendrier de mise en œuvre : Les États membres doivent adopter les spécifications techniques nécessaires d'ici 2026 et accepter pleinement les documents eFTI d'ici juillet 2027.
e-CMR : lettres de voiture numériques
La Convention CMR régit le transport routier international. Depuis 2008, un protocole autorise les lettres de voiture électroniques (e-CMR). L'adoption a été lente : seuls environ 36 pays européens ont ratifié le protocole eCMR, et l'utilisation reste inégale. Néanmoins, une vague de projets pilotes et de systèmes nationaux accélère les progrès. Un rapport de l'industrie note que d'ici juillet 2027, les autorités nationales devront accepter les documents de transport numériques via des plateformes certifiées et qu'une mise en œuvre à grande échelle est prévue d'ici 2026 avec une application obligatoire en 2029.
Les lettres de voiture numériques offrent plusieurs avantages : elles éliminent la manipulation du papier, réduisent le risque de perte ou de dommage, permettent des mises à jour de statut en temps réel et raccourcissent les temps d'attente aux frontières. Selon l'Union internationale des transports routiers, l'eCMR réduit la paperasse, abaisse les coûts de manutention et permet aux camions d'éviter les arrêts aux frontières, améliorant ainsi l'efficacité.
Défis et opportunités
- Interopérabilité : Divers systèmes nationaux eCMR ne sont pas encore interopérables. Le règlement eFTI vise à harmoniser les formats de données, mais les acteurs de l'industrie doivent adopter des normes et des interfaces communes.
- Sécurité juridique : Alors que le règlement eFTI impose l'acceptation des données électroniques, les transporteurs et les expéditeurs doivent s'assurer que leurs systèmes répondent à toutes les exigences en matière d'authentification, d'intégrité et de confidentialité.
- Investissement : Les PME peuvent avoir du mal avec le coût d'intégration des plateformes eFTI, mais des financements nationaux et des programmes de l'UE (par exemple, le mécanisme pour l'interconnexion en Europe) peuvent fournir un soutien.
- Gestion du changement : L'adoption nécessite la formation du personnel et le passage de processus papier. La combinaison des lettres de voiture numériques avec l'optimisation des itinéraires, la télématique et le dépôt douanier automatisé peut générer des avantages plus importants.
Préparer le fret sans papier
Les gestionnaires logistiques devraient commencer par analyser les flux documentaires actuels et identifier les endroits où les solutions numériques peuvent remplacer le papier. Le partenariat avec des plateformes numériques certifiées selon les spécifications eFTI garantira la conformité. L'adoption précoce de l'eCMR apporte de l'expérience et peut améliorer la transparence pour le client. La collaboration avec les partenaires de la chaîne d'approvisionnement est cruciale pour assurer l'interopérabilité et la qualité des données.
Conclusion
L'Europe est à l'aube d'une transformation du fret sans papier. Le règlement eFTI et le protocole eCMR fournissent un cadre juridique pour les documents électroniques, promettant des coûts réduits, un dédouanement plus rapide et une durabilité améliorée. En investissant dans des plateformes numériques et des processus collaboratifs, les expéditeurs et les transporteurs peuvent se positionner à l'avant-garde de ce changement.
Sources
Règlement (UE) 2020/1056 relatif aux informations électroniques sur le transport de marchandises (Parlement européen, Conseil de l'Union européenne, 2020) - Établit un cadre juridique pour les informations électroniques sur le transport de marchandises et exige des autorités qu'elles acceptent les données électroniques fournies via des plateformes eFTI certifiées, abordant les obstacles à la numérisation et fixant une date limite d'acceptation à juillet 2027.
Les lettres de voiture papier seront supprimées, l'eCMR arrive (Trans.info, 2023) - Rapporte que d'ici juillet 2027, les autorités nationales devront accepter les documents de transport numériques via des plateformes eFTI certifiées et qu'une mise en œuvre à grande échelle de l'eCMR est prévue d'ici 2026.
La CEE-ONU et l'IRU appellent à des lettres de voiture numériques (Union internationale des transports routiers, 2023) - Explique que le protocole eCMR a été ratifié par plus de 30 pays et que les lettres de voiture numériques réduisent la paperasse, diminuent les coûts de manutention et permettent aux camions d'éviter les arrêts aux frontières, améliorant ainsi l'efficacité.